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OGM : GROS SUR LA PATATE !
 
   
Complété le 13 janvier 2008 (mise en ligne le 15 octobre)


Une pomme-de-terre transgénique


La Commission européenne, qui s’appuie sur l’avis favorable de l’Agence européenne de sécurité alimentaire (Efsa), souhaite autoriser la mise en culture d’une pomme-de-terre génétiquement modifiée, sachant qu’il n’y a pas eu d’autorisation depuis le maïs MON 810 de Monsanto en 2004.

Mais selon l’AFP, ce dossier ne fait pas l’unanimité au sein des 27 Etats membres, d’autant plus que le groupe allemand BASF qui fabrique l’OGM, demande à en utiliser des résidus pour l’alimentation animale.

Ainsi, le 10 octobre, 12 experts de l’Union européenne ont voté contre l’autorisation (Autriche, Malte, Luxembourg, Lettonie, Italie, Grèce, Chypre, Pologne, Hongrie, Danemark, Roumanie, Slovénie), cinq se sont abstenus (Portugal, France, Irlande, Belgique, Allemagne) et dix ont voté pour (Finlande, Espagne, Bulgarie, Estonie, Royaume-Uni, Pays-Bas, Slovaquie, Lituanie, Suède et République Tchèque).

Les ministres ont trois mois pour donner leur avis, et si aucune majorité n’apparaît, c’est la Commission qui prendra la décision finale (habituellement sensible aux pressions des fabricants…).
L'Efsa avait indiqué en 2005 qu’il était « improbable » que cette pomme-de-terre « ait un effet néfaste sur la santé humaine et animale ou sur l'environnement dans le cadre des utilisations proposées » (appréciez le « improbable »… c’est rassurant… non ?).

Toutefois, des associations environnementales estimant que cette pomme-de-terre dispose d’un gène résistant à certains antibiotiques, protestent : « La résistance croissante aux antibiotiques chez les hommes et les animaux est un problème médical reconnu. Toute utilisation inutile d'un gène résistant à des antibiotiques dans une plante est en conséquence irresponsable », avait déclaré Greenpeace durant l’été.

Pouvons-nous compter sur les décisions de notre gouvernement pour, sinon interdire, au moins fixer un moratoire de 5 ans pour la culture des OGM en plein champ ?
DERNIERES NOUVELLES DU 25/10 :
Certainement pas, la FNSEA a "cédé" sur un "moratoire/suspension piège à c...", le temps de faire une loi hypocrite en... JANVIER 2008, juste à temps pour les prochains semis (soit DEUX MOIS DE "MORATOIRE" !!!). Cette loi, dite "Loi de cohabitation"*, fera cohabiter les inconciliables, à savoir OGM et cultures BIO (le BIO étant à terme contaminé par les OGM et donc condamné à disparaître…).
C’est ce qui arrive lorsque l’on demande aux pompiers de négocier avec les pyromanes (défenseurs de la vie avec les pollueurs) !
*"Foutage de gueule" total, digne des socialistes en 1981, avec le nucléaire...


On voit par exemple quel sérieux accorder à des discutions sur le nucléaire, lorsque notre Président vend une centrale nucléaire à Kadhafi, et promet d’équiper tout pays qui le voudra…

Seule la pression populaire peut faire échec à ces funestes projets, enfin nous voulons parler de la population qui ne s’intéresse pas qu’aux infos people…


DERNIERES NOUVELLES DU 6/12 :
Le 6 décembre est paru au Journal officiel un arrêté qui suspend la cession et l’utilisation des semences de maïs MON 810. La suspension est effective jusqu’à la publication d’une loi relative aux OGM ou au plus tard jusqu’au 9 février 2008.
L’avant-projet de loi a déjà été dévoilé à la presse en début de semaine.

D’ici à l’adoption de la nouvelle loi, une mission d’évaluation des effets du maïs génétiquement modifié a été confiée au comité de préfiguration de la Haute autorité des OGM. Ce comité a été créé le 5 décembre par décret.

Cette suspension a été raillée par "Agir pour l’environnement" : « Interdire un maïs transgénique en période hivernale lorsque ce dernier n’est pas cultivé revient à interdire le chauffage électrique en pleine canicule ou la climatisation en période de froid intense ! », déclare dans un communiqué Stéphen Kerckhove, délégué général de l’association.

Quant à "France nature environnement" (FNE), l’association estime qu’elle ne correspond pas aux conclusions du Grenelle, car l’arrêté n’interdit pas le semis du MON 810 en 2008, il le suspend seulement jusqu’au 9 février au plus tard. Selon Lylian Le Goff, « nous sommes très déçus que le gel des cultures annoncé par le ministre de l'écologie ne soit pas respecté et qu'il ne soit pas mis un terme à l'hypocrisie que Jean-Louis Borloo dénonçait lui-même en prenant l'engagement de ne pas ‘prendre le risque’ d'une contamination des productions non OGM. ».


Comme quoi ces organisations sont tombées de la dernière pluie... C'était couru d'avance, comme nous l'avions prévu !

Communiqué de l’INRA du 14 décembre 2007
La coexistence à l’échelle locale des cultures OGM et biologiques s’avère « techniquement impossible dans la plupart des cas ».
C’est ce que révèlent, dans un communiqué du 14 décembre, les résultats d’un programme de recherche européen coordonné par l’Institut national de recherche agronomique (Inra) sur la coexistence entre cultures génétiquement modifiés et cultures conventionnelles.


DERNIERES NOUVELLES DU 12/01/08 :
Sous la pression des ONG, et notamment de José Bové, le gouvernement français fait marche arrière.
Le projet de loi organisant la cohabitation OGM/non OGM, cohabitation impossible dans les faits, et l'indemnisation des pollués (pas le but), et qui devait être voté le 9 février, est repoussé à après les municipales.
Est-ce une simple manœuvre dont les politiciens sont coutumiers ? Possible à défaut d'être probable...
Mais le gouvernement vient d'activer la clause de sauvegarde, qui suspend les cultures d'OGM au moins pour 2008...
Attention pour autant à ne pas baisser la garde... D'autant que l'Europe peut fort bien refuser cette clause !
Par ailleurs, le gouvernement vient d'autoriser l’utilisation d’une nouvelle semence de maïs traitée par l’insecticide systémique dangereux, appelé Cruiser, dont la matière active est le Thiamethoxam, extrêmement dangereux pour les abeilles, et qui pourrait bien être une "compensation" (inadmissible !) pour les semenciers... et un plan sans précédent d'investissement de 45 millions d'euros, dans les biotechnologies végétales, soit une multiplication par huit des budgets actuels, vient d'être lancé !
C'est gens ont l'habitude de lâcher un os pour mieux nous le... bon, vous avez compris... on n'en a pas terminé avec les OGM !