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Mise à jour le 6 juin 2007
Exemple de ce qu'il ne faut surtout pas faire
La France a importé d'Espagne jusqu’en juin, plus de 83.000 tonnes de fraises*. Enfin, si on peut appeler "fraises" ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue, car cueillis avant d'être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d'ailleurs à peu près le goût des (mauvaises) tomates...
Si le seul problème posé par ces « fruits » était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre. Mais ces fraises ont parcouru 1.500 km en camion !
Soit environ 16.000 camions par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement (Et dire que c’est aussi pour eux que certains veulent faire la Traversée Centrale des Pyrénées !).
Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national de Donana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe.
Il aura fallu qu'une équipe d'enquêteurs du WWF-France s'intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée l'aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d'ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu'ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, dépasse tout ce que l’on peut imaginer d’absurdité et de folie.
Cette agriculture couvre près de 6.000 hectares, dont une bonne centaine empiètent déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60 % de ces cultures seulement sont autorisées ; les autres sont des extensions « sauvages » sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes. Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année.
Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. A l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005) ; le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux : il bloque les alvéoles pulmonaires.
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La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main-d'œuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au coeur de l'hiver... Un écologiste de la région raconte l'explosion de maladies pulmonaires et d'affections de la peau.
Les plants poussent sur un plastique et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition.
Tout comme la forêt, dont 2.000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers.
La saison terminée (au début du mois de juin), les 5.000 tonnes de plastique sont emportées par le vent, enfouies n'importe où, ou brûlées sur place. Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de s'exiler ailleurs en Espagne.
La production et l'exportation des fraises espagnoles représente ce qu'il y a de moins durable comme agriculture et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du public comme notion de saison (elles sont vendues dès la fin de l’hiver). Et quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes, encore plus traitées que les pommes françaises...
*Vous n'en achetez pas ? Et que croyez-vous qu'il y ait dans les laitages "aux fraises", les glaces, les sirops, les tartes...?
A voir absolument :
http://www.dailymotion.com/video/x1ds9p_alerte
Sujet réalisé à partir de l'enquête du WWF-France et d'un article de Politis
http://www.wwf.fr/
http://www.politis.fr/
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