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De l’indépendance de la presse…
Mise à jour le 11 juin 2007
Dassault s’est emparé de l’empire Hersant
Le marchand d’armes Dassault s’est emparé de l’empire de Robert Hersant en rachetant les parts du groupe de presse écrite Socpresse, ce qui fait de Dassault l’actionnaire majoritaire, à plus de 80 % du capital, de cet empire de presse comptant quelque 70 titres (1).
Début 2002, à la faveur d’une augmentation du capital, Dassault était entré dans le groupe à hauteur de 30 %, et avait ensuite prêté à la Socpresse une partie des fonds nécessaires pour racheter à Vivendi le groupe Express-Expansion-L’Etudiant.
Dassault était déjà détenteur du groupe Valmonde (Valeurs actuelles, Le Spectacle du monde, Le Journal des finances).
Photo : NS avec son ami Arnaud Lagardère, le 12 avril 2007
« Le but de cette opération est moins la recherche d’une "cohérence industrielle", financièrement profitable, que la réalisation du souhait, maintes fois exprimé par Serge Bloch-Dassault, de disposer d’un groupe de presse pour relayer ses convictions politiques très marquées ».
Avec l’acquisition de la Socpresse, Serge Dassault se retrouve à la tête d’un véritable empire de presse, fort de 70 journaux et... d’un club de foot, le FC Nantes. Une grande partie de cet ensemble a été amassée du temps de Robert Hersant, surnommé « le Papivore », décédé en 1996. La Socpresse ne publie pas ses comptes. Selon l’AFP, son chiffre d’affaires s’élevait en 2002 à 1,05 milliard d’euros.
Presse quotidienne : le Figaro, Paris Turf, et, en province : le Progrès, le Dauphiné libéré, la Voix du Nord, Nord Eclair, le Maine libre, Presse Océan, le Courrier de l’Ouest, le Bien public, le Journal de Saône-et-Loire, et plusieurs hebdomadaires dont l’Essor savoyard et le Pays gessien.
Presse magazine : les déclinaisons du Figaro : Figaro Magazine, Madame Figaro. Deux magazines à très gros tirage, car vendus avec les quotidiens : TV Magazine et Version Fémina (50 % avec Hachette).
En août 2002, la Socpresse a acheté la presse généraliste de Vivendi : l’Express, l’Expansion, la lettre de l’Expansion, l’Entreprise, la Vie financière, Mieux vivre votre argent, l’Etudiant, Classica, Lire, Maison française.
Divers : Roissyprint (imprimerie), Publiprint (régie publicitaire). Ainsi que des guides, des annuaires et une société d’organisation de salons professionnels.
Ce que Dassault avait déjà : Valeurs actuelles, le Journal des finances, Spectacle du monde, et trois hebdomadaires régionaux en Ile-de-France : le Républicain, Toutes les nouvelles de Versailles, la Gazette du Val-d’Oise.
(1) Presse quotidienne nationale :
Le Figaro.
Presse quotidienne régionale :
Le Maine libre, Presse Océan, Le Courrier de l’Ouest, La Voix du Nord, Nord Eclair, Le Progrès, Le Dauphiné libéré, Le Bien public...
Presse magazine :
L’Express, L’Expansion, Lire, L’Entreprise, La Vie financière, L’Etudiant, Le Figaro magazine, Le Figaro madame, Classica, Maison française, Maison magazine...
Roissy Print (impression), FC Nantes (sport)...
Lagardère veut étendre son empire
Le groupe, premier éditeur de presse magazine au monde via l'une de ses filiales va accroître sa présence en Angleterre, Italie ou aux Etats-Unis.
Les Etats-Unis, l'Angleterre et l'Italie sont au cœur des futures acquisitions du groupe Lagardère. C'est ce qu'a laissé entendre mardi 10 mai Arnaud Lagardère, gérant commandité du groupe éponyme, dont la filiale Hachette Filipacchi Médias est le premier éditeur de presse magazine au monde, indiquant qu'il était "ouvert à certaines acquisitions" dans ces pays.
Lors de l'assemblée générale mixte ordinaire à Paris, Arnaud Lagardère a affirmé : "On est ouvert à certaines acquisitions", évoquant l'Angleterre, l'Italie et les Etats-Unis.
Arnaud Lagardère, interrogé sur une éventuelle stratégie dans la presse quotidienne nationale, a répondu : "il n'y en a pas", rappelant que : "une loi sur les concentrations interdit de détenir plus de deux médias d'information nationaux. Nous en avons un, Europe 1, nous espérons en avoir un jour dans le domaine de la télévision. Si nous faisions le choix de la presse quotidienne nationale, nous ne pourrions pas en avoir un troisième, donc nous ne pourrions pas avoir de télévision".
Interrogé sur Le Monde dont le groupe Lagardère doit prendre "15 à 17%", Arnaud Largardère a rappelé que pour lui, "la partie intéressante" était la régie. "L'idée est d'avoir un retour sur investissements à travers les régies publicitaires, d'une part entre la régie d'Europe 1 et Le Monde et, d'autre part, entre les magazines Hachette et Publicat (la régie des magazines du groupe Le Monde).
Gérald de Roquemaurel, PDG de Hachette Filipacchi Médias, a indiqué qu'"une complémentarité existait en presse magazine entre la régie Publicat tournée essentiellement autour de Télérama (..) et notre propre portefeuille de magazines" comme Match. Les complémentarités publicitaires, grâce à cet accord, "sont, seront très fructueuses".
Sur la presse quotidienne régionale, HFM est "concentré sur la zone PACA, car nous croyons beaucoup qu'en PQR (NDLR presse quotidienne régionale), les blocs régionaux font sens", en raison de "développements industriels, publicitaires" et pour le lectorat.
Interrogé assez brutalement par un actionnaire sur les "subventions" selon lui accordées au Monde et à L'Humanité, Arnaud Lagardère a répondu que c'était "une contribution à la liberté de la presse" et une contribution "rentable".
Le père (Jean-Luc Lagardère)
Converti au giscardisme, Jean-Luc Lagardère s’enflamme, dans les années soixante-dix, pour les grands projets industriels du pays. Les contrats d’armements affluent. En retour, Lagardère vole au secours d’autres secteurs. Les compteurs Jaeger, Solex, les horlogers Yema et Jaz, le fabricant de munitions Manurhin... En 1977, lorsque Jean-Luc Lagardère prend la suite en tant que PDG du fondateur Marcel Chassagny, le groupe est présent dans l’armement, l’électronique et les transports civils.
La défense, elle, représente la moitié de l’activité. Et assure la prospérité du groupe.
Déclaration édifiante de John Swinton, ancien rédacteur en chef du New York Times, lors du banquet offert à l’occasion de son départ à la retraite :
« Quelle folie de porter un toast à la presse indépendante ! Chacun ici présent ce soir, sait que la presse indépendante n’existe pas. Vous le savez, et je le sais. Il n’y en a pas un parmi vous qui oserait publier ses vraies opinions, et s’il le faisait, vous savez d’avance qu’elles ne seraient jamais imprimées (…). La fonction d’un journaliste est de travestir la vérité, de mentir radicalement, de pervertir, d’avilir, de ramper aux pieds de Mammon*, et de se vendre pour son pain quotidien. Nous sommes les outils et des vassaux d’hommes riches, qui commandent derrière la scène. ».
*Mot d'origine araméenne, signifiant « riche » :
« Aucun homme ne peut servir deux maîtres : car toujours il haïra l'un et aimera l'autre. On ne peut servir à la fois Dieu et Mammon. ».
(Matthieu 6:24)
Le 24 septembre 2007
Dans une conférence de presse commune, les six syndicats français de journalistes (SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT, SJ-CFTC, SPC-CFE-CGC, SJ-FO) ont dénoncé les menaces qui pèsent sur l’indépendance des journalistes et le pluralisme de la presse. Selon David Larbre (SNJ, majoritaire), la situation n’a jamais été aussi grave depuis la Seconde Guerre mondiale.
Les journalistes ont énuméré une longue liste d’exemple mettant en évidence trois tendances :
- censure des articles jugés défavorables par le président Nicolas Sarkozy (ainsi l’interdiction de publication d’un article sur Cécilia Sarkozy par la direction du Journal du Dimanche ou d’un sondage sur Nicolas Sarkozy par la direction de La Tribune) ;
- tentatives judiciaires de rompre le secret des sources (avec notamment la perquisition au siège du Canard enchaîné à la demande des avocats du président de la République) ;
- mainmise de Nicolas Sarkozy et des grands industriels qui lui sont liés sur les principaux organes de presse (allant jusqu’à la nomination du directeur adjoint de campagne de Nicolas Sarkozy à la direction de la principale chaîne de télévision, TF1).
Les journalistes sont d’autant plus vulnérables à ces pressions que la moitié d’entre eux sont soit au chômage, soit employés avec des contrats précaires.
Interpellée par l’intersyndicale, le « ministre de l’Information », Christine Albanel, a refusé de recevoir les représentants de la profession.
http://www.voltairenet.org/article151699.html
A lire : Nicolas Sarkozy corrompt publiquement de grands éditorialistes
http://www.voltairenet.org:80/article151925.html
A lire, les "drôles" de pratiques de l'AFP et la déontologie et les compétences douteuses de certains "grands" journalistes
(lire le second PDF ci-dessous)
artemisia-college.org
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